
Média Part Bruxelles Bouge Toujours, Oonag Duckworth, 16 avril 2008
Knacck Focus Focus of the Week/les gens d'uterpan X-Event 2, Bruxelles Avril 2008
Le Monde Recherche amateurs pour spectacles de danse atypique, R. Boisseau, 23/01/08
Lunettes rouges X-Event 0, Blog les lunettes rouges, 26 janvier 2008
Frieze Looking back Biennals 2007, Vivian Rebberg, janvier/février 2008
Mémoire des arts Page de couverture, septembre/octobre 2007
Beaux Arts magazine Biennale de Lyon, décollage raté, Emmanuelle Lequeux, 2 novembre 2007
Flash Art 9th Lyon Biennale, Florence Derieux, Novembre/Décembre 2007
Le Matin même Show d’Hiver, Suisse, Décembre 2007
Expressions Biennale d’art contemporain, une richesse de réponses, J.C. Lemeunier, déc. 07
Art 21 Pierre Bal Blanc les valeurs de l’art, Frédéric Wecker, déc/janvier 08
Les Inrockuptibles Vitesse Moderne, Colard/Lavrador/Moulène, 25 décembre 2007
Le journal des arts Drôle de jeu, par Philippe Ségnier, 5-18 octobre 2007
Figaro Madame Biennale de Lyon, l’art maniaque, Laetitia Cénac, 15 septembre 2007
L’Humanité Biennale de Lyon : La bêtise s’améliore, J.L.Chalumeau, 3 décembre 2007
Lyon Citoyen Annie Vigier, Franck Apertet «X-event2», septembre 2007
Affiches Lyonnaises Une Histoire de l’art au présent, 2007
Orsérie Mon corps en jeu, 19 décembre 2007
Danser Corps à rude épreuve, Gérard Mayen, Mars 2005
E.D. «Event»: l’histoire d’une rupture, par Barbara Forest, juin 2005
Respect magazine Sans titre, Hassane M’Béchour, Avril 2005
Le Passant Ordinaire n°49 Territoire d’investigation pour la parole et le geste, 1er volet: Ohé mes chevaux noirs, Martine Maleval
Libération La danse venue du Nord envoûte Uzès, M. C.Vernay, 26 juin 2003
Scène Magazine Presse internationale, Suisse, septembre 2003
Danse Light L’oeil du critique, Emerentienne Dubourg, Octobre 2002
Danser Drôles de gens que ces gens-là, Nathalie Yokel, décembre 2002
Création 2002 "Une expérience onirique de la solitude", Berengère Alfort, 2002
Rhein-Neckar-Zeitung Crois-en tes yeux! Traduction, Juin 2000
Danse Light L’œil du critique, Emerentienne Dubourg, février 2000
Danser – Mars 2005 par Gérard Mayen
Corps à rude épreuve
Les danseurs de X-Event évoluent sur un plateau très contraignant : un grand X formé de deux podiums surélevés à la façon des défilés de mode. Sous une lumière crue constante, deux garçons et trois filles y enchaînent des séquences d'épreuves : des courses dans les quatre directions, au risque de se heurter violemment, de fantastiques arrachements allongés du sol, des chutes arrière tout du long sans réserve, etc. Le danger plane, l'épuisement guette, dans une ivresse du défi sensuel, où affleure un érotisme tenace et pourtant quasi glacé de tension. Engagement physique extrême, mais à cent lieues de la belle danse. Haletante, cette pièce coup de poing creuse des brèches dans l'actuel marasme chorégraphique. Mais cela non sans restaurer le principe problématique de la soumission de l'interprète jusqu'au bout des exigences d'une représentation verrouillée par les chorégraphes Annie Vigier et Franck Apertet.
Respect magazine - Avril 2005 par Hassane M'Béchour
Les Gens d'Uterpan (Franck Apertet et Annie Vigier) utilisent l'épuisement comme forme de dépassement du geste.
Entre sueur et salive, les corps, parfois accidentés, s'effleurent, se cambrent et se repoussent.
L'acte est suggéré dans une symphonie de souffles et de combinaisons : deux hommes, trois femmes, cinq individus.
L'intimité surgit, nue!
La sensualité n'est pas un simple rapport à la surface, même si cette surface forme un X blanc.
X-Event : une performance dansée en trois déclinaisons.
La troisième aura lieu en juin au festival d'Uzès.
uterpan@voila.fr
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E.D - juin 2005 - Barbara Forest
" Event ": L'histoire d'une rupture.
Dans sa définition de 'l'event', Merce Cunningham (né en 1919) insiste sur son caractère expérimental et empirique: "il s'agit de créer davantage une expérience de danse qu'une soirée de danse". Malgré se nature événementielle, X-Event 2 présente au Centre d'art contemporain de Brétigny du 5 au 12 février 2005 tente d'échapper aux notions réductrices de spectacle ou de performance dévoyant le divertissement et l'artifice de l'un et la surenchère sensationnelle de l'autre. Dans la droite ligne des events du chorégraphe américain Merce Cunningham, X-Event 2 est un extrait de X-event, a la fois nom générique et titre éponyme du premier volet d'une série de danses-performances créée par Frank Apertet et Annie Vigier, fondateurs de la compagnie Les Gens d' Uterpan_ L'espace du Centre d'art de Brétigny a déterminé les nouvelles conditions de son apparition spatiale et temporelle. Dans le premier opus au théâtre de l'Echangeur de Bagnolet en janvier 2005, cette séquence chorégraphique était exécutée par cinq danseurs aux tenues décontractées et colorées, sur les deux bras d'une croix et ne durait que quelques minutes. Ici, onze danseurs nus ondulent le long d'une diagonale pendant presque trois heures, étirant espace et temps, déployant leur corps au rythme d'une musique électronique saccadée et mécanique.
Le titre, X-Event est éloquent et le X y prédomine. L'objectif est clairement affiché: observer les conditions d'émergence et de disparition de la sensualité. Frank Apertet et Annie Vigier se sont librement inspires du poète flamand Jean Everaerts ou Jean Second (1511-1536), le poète des baisers. Auteur de Basia, il y décrit des jeux érotiques qui vont de la caresse a la violence, dépeignant par exemple avec minutie, la peau d'un des personnages. La sensualité exaltée devient cependant au fil des pages douce-amère et la passion pathologique. L'érotisme est réduit a l'imaginaire. La tristesse et la déception s'emparent du récit avec le regret que tout, même le plaisir, ne peut être dit qu'indirectement. Dans X-Event 2, le corps des danseurs n'est pas seulement l'incarnation de la sensualité ou de la sexualité. Il se fait matière en devenir, empreinte, voire objet et perd son identité organique au profit de qualités indicielles extra-humaines: le mouvement permanent et la ressemblance. Le danseur perd en 'intériorité' ce qu'il gagne en 'extériorité'. Son corps aspire avant tout a la liaison et a l'union. Les danseurs évoluent au plus près les uns des autres, créant un champ magnétique mobile que les spectateurs perçoivent in fine comma une gestalt plutôt que comme une forme dionysiaque.
Ce qui est en jeu, ce n'est pas tant l'érotisme que la conscience du contact. La langueur, les caresses, les lèches, les frôlements de peau mais aussi la fatigue physique, la transpiration, l'étourdissement, l'épuisement qui se donnent à voir simplement et directement finissent par toucher les spectateurs, leurs yeux se font chair.
L''économie de l'érotisme: la dépense
La proximité des danseurs et des spectateurs dons X-Event 2 est déroutante et intimidante. La nudité si directement exposée isole les deux groupes alors que la diagonale sur laquelle les interprètes se déplacent est destinée a être franchie par les spectateurs. Mais devant cette forme vacillante et vulnérable, essoufflée et profondément humaine, les spectateurs gardent l'attitude révérencieuse, respectueuse et pleine d'encouragements du public face celui qui "passe une épreuve". Dans X-Event les courses brusques, les respirations haletantes, les chutes brutales, les mouvements saccadés étaient plus palpables et l'économie de la dépense plus tangible. Dans les deux, mis à nu, pulsion sexuelle et énergie concourent cependant a l'évocation de l'érotisme.
La nudité dans X-Event 2 est paradoxale, à la foie abstraite et charnelle. Tantôt elle accentue le dessin de la trajectoire, l'arabesque; tantôt elle facilite l'exubérance de l'érotisme. Sensation pulsionnelle et compulsive s'emparent de ces corps en mouvement perpétuel pour peut-être, comme le dit Tatsumi Hijikata, fondateur du buto en 1959 et ami de Mishima: "retrouver une représentation du corps vide de ses empreintes culturelles et ouvertes a toutes les métamorphoses". A moins que les interprètes ne soient en proie a un combat perpétuel de domination/soumission qui oppose le danseur a son corps. Qui donc est le maitre du jeu ? Qui donc est anéanti ? Le corps est-il objet d'un dictat ou entraine-t-il le danseur entièrement dépossédé ? S'agit-il de retrouver la perte du contrôle des corps et des consciences de l'acte sexuel ? Sans être investis de la mission martiale des "guerriers de la beauté" de Jan Fabre, les Gens d'Uterpan de X-Event auraient pu faire leur cette citation du plasticien et chorégraphe flamand: "car qu'est-ce que "l'énergie", et qu'est-ce que "partager l'énergie" ? Pour moi, c'est une manière de donner de l'amour et de la chaleur… et l'érotisme a quelque chose à voir avec l'abandon et avec une sensibilisation de l'idée de l'ultime liberté physique et mentale". C'est cette même dépense d'énergie, physique et pulsionnelle que l'on retrouve chez un autre danseur et chorégraphe flamand Wim Vandekeybus ou dans le Physical Theatre de DV8 de Lloyd Newson. Au gré des pièces, cet australien, psychologue de formation fait passer des auditions et sélectionne des individualités privilégiant au détriment de sa technique et de son physique le danseur capable de maintenir dans l'univers du spectacle son originalité et son authenticité. David Toole, danseur professionnel sans jambes est un de ceux qui 1'a le plus emu. C'est d'ailleurs avec lui qu'il a récemment réalisé le film "Cost of living". Le handicap devient l'indice flagrant de la dépense et de la performance tout en stigmatisant la nécessité de l'autre dans l'échange. Fluide et continue!, le mouvement de X-Event 2 n'est est pas moins répétitif. Les danseurs sont-ils condamnés au châtiment de Sisyphe? Ce tournoiement inaltérable qui teste leur résistance a l'étourdissement est-il un supplice ou les libère-t-il du poids du pathos, de la signification, de la narration ou du temps ? Quel sans donner a cette répétition ? Est-elle stérile ? Pour certains, elle assure la perte du danseur qui se complait dans une pure mécanique du corps. Pour Sigmund Freud, elle est compulsive et pure manifestation de la pulsion de mort. Nous suivrons plutôt les propos de Jan Fabre pour qui "la répétition est son contact", "seul moyen d'entrer en contact avec les choses aussi bien physiquement que mentalement". X-Event 2 est an fait une mise en scène du processus créatif, qui de la tautologie a la copie en passant par le refrain ou la variation trouve son aboutissement dans l'exercice même de la répétition, moment intense de création et d'échange.
Le Passant Ordinaire n°49 - Martine Maleval
une authenticité fugitive
Un faux désordre règne sur scène. Du matériel sonore et électrique semble traîner et être en attente. Une femme assouplit ses articulations, expérimente la pression de l'air sur sa peau, met ses muscles en mouvement. Un homme, en costume noir, nu-pieds, erre. Puis, au même rythme que s'organise la salle, la scène se met en ordre de fonctionnement et accueille, comme une salle d'exposition le ferait d'une œuvre en cours d'accrochage, cette «curiosité» conçue et scénographiée par Les Gens d'Uterpan : Annie Vigier et Franck Apertet. Nicolas Martz s'installe derrière sa console acoustique. L'éclairagiste, Valérie Sigward, dessine, à l'aide de quatre projecteurs, un carré de lux frisant le sol, de deux mètres de côtés. Le duo prend place : la danseuse, Annie Vigier, et la voix, Davide Napoli. Elle évolue dans le quadrilatère, il est allongé sur le sol prolongeant un des côtés de l'aire de jeu. Elle laisse venir à elle les mouvements issus de son corps dont elle s'empare et qu'elle fait siens. Il s'abandonne aux mots et aux phrases qui jaillissent d'entre ses lèvres, portés par son souffle. Ohé mes chevaux noirs , qui s'annonce comme le premier volet d'un triptyque, est une prestation spectaculaire en trois parties, aux rythmes et aux temporalités différentes. Bien qu'ayant pour thème « transe et saturation », jamais la proposition ne sombre dans le rituel gratuit ou dans un mysticisme sclérosant. Elle travaille sur le paradoxe qui consiste à représenter l'éphémère et, en ce sens, s'approche de la performance plastique. Elle met à l'œuvre la répétition comme outil de l'altération aux mains d'un hasard aléatoire. Une répétition rassurante et aliénante dans laquelle on s'enferme et dont on cherche à se libérer. Une répétition qui, simultanément, abandonne et crée, et fait avancer la proposition sur des terrains mouvants où l'équilibre est en suspens.
Les productions en danse contemporaine nous font, actuellement, partager les questionnements qui parcourent cet art. Les interrogations « comment danser ? », «avec quels matériaux ?», entre autres, conduisent des chorégraphes à travailler dans la « référence ». Ainsi, les choix formels, les projets thématiques, sont abordés en relation étroite avec le répertoire constitué au cours de ces vingt dernières années. D'autres expérimentent la confrontation avec des technologies, nouvelles ou pas, et tentent des croisements, des métissages. Dans Ohé mes chevaux noirs , aucune compromission ne vient parasiter l'intention ; nous assistons plus à l'«exposition» active d'une danse qui «est ! », donnée en soi et pour soi. Celle-ci s'affiche brute, tout à la fois ancrée et instable. Elle est enracinée dans le corps d'Annie Vigier, d'où jaillissent des gestes inscrits depuis l'éternité, forgés par l'évidence de l'expérience. Elle est fragile parce que frôlant les limites de la matérialité. Elle se développe en parallèle à l'énonciation d'une production textuelle assumée par Davide Napoli, qui éructe des cavalcades de mots. Deux corps distincts, présents simultanément, évitant tout contact, prennent possession de la matière qu'ils travaillent jusqu'à l'usure, jusqu'à l'ivresse, jusqu'à l'épuisement. «Il s'agit ici de tenter de comprendre pourquoi les enfants aiment tourner sur eux-mêmes jusqu'à ce qu'ils tombent... ». Nous assistons à une mise en exergue de la séparation du geste et de la parole. Ceux-ci se trouvent métamorphosés par cette confrontation. Véritables matériaux plastiques, ils emplissent l'espace et s'emparent du temps. C'est au travers de leur présence malléable, de leur imbrication qui se réalise dans un au-delà des corps, que s'établissent les échanges entre les partenaires. Les gestes murmurent leur propre histoire, et la parole entraîne le corps dans des débordements effrénés. Le rythme, maître d'ouvrage, joue un rôle prépondérant. Il porte l'énergie, la fait sourdre, vibrer, exploser. Malgré ses excès, ses velléités de domination, il reste contenu et maîtrisé ; seule sa perspiration est un indice de son devenir. S'il est le catalyseur des débits de gestes et de paroles, il peut, notamment lors de la deuxième partie, en être aussi le guide, la charpente. Ainsi , il soumet la dramaturgie à sa nature cyclique et obsédante. Les spectateurs, suivant leur propre état, risquent de se perdre dans une litanie répétitive, comme égarés ; ils doivent accepter d'errer dans la prestation lancinante, peut-être y prendre un plaisir jubilatoire, ou bien se laisser saisir par un fou rire complice né de l'absurdité de la proposition. L'explosion finale agit comme une clé. Alors, nous prenons conscience de la progressive disparition des cadres, au-delà peut-être, des conventions, des marques du temps, des empreintes des habitus. Sous la pression des forces en présences qui agissent jusqu'à la dégradation du sens, se révèlent la nature souterraine des gestes et des mots qui habitaient déjà l'espace, et qui se dénudent à la recherche d'une authenticité fugitive.
Théâtre Molière - Maison de la Poésie/Paris
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Libération – jeudi 26 juin 2003 - Marie-Christine Vernay
La danse venue du Nord envoûte Uzès
Cave Canem , d'Annie Vigier et Franck Apertet, est, en revanche, une étrangeté que l'on ne sait par quel bout attraper. Sur la scène, deux danseurs et un acteur se partagent trois podiums qui avancent dans la salle. Au second plan sont installés deux musiciens et un homme qui dialoguent par l'intermédiaire d'un casque avec le public. Il s'agit d'une réflexion en direct sur le partage démocratique de la scène. Un peut conceptuel, mais pas désagréable.Festival
Nouvelles Danses Uzès 2003
Danse Light - Octobre 2002 - Emerentienne Dubourg
L'œil du critique
Mouvements d'autonomes
Trois identités solitaires partagent la scène de L'Etoile du Nord pour l'ouverture de ses Mouvements d'automne. Ce n'est pas un défilé, mais la cohabitation de trois individualités obligeait une scénographie sous forme de trois podiums parallèles. Côte à côte, chacun des personnages poursuit sa propre voie, cheminement exposé au feu du public mais aussi à ceux de la rampe. La présence de ces trois individualités, poursuivant un travail différent, ensemble sur scène, invite à reconsidérer la promiscuité. La résistance au brouillage des pistes, aux effets parasitaires techniques, provoque une superposition volontaire de mouvements désaccordés et de dialogues qui s'entrechoquent. Certains sont captés auprès de spectateurs, dans la salle par un confident, d'autres sont ânonnés par un comédien, dans une ascension vers l'absurde qu'il maîtrise à merveille en un collage de morceaux aux rythmes divers. Chacun d'ailleurs, garde le rythme qui lui appartient, chacun sa trajectoire, son espace. Bien sûr, ce qui sidère est le pouvoir de fascination que les trois interprètes exercent sur le public : celui-ci est en proie à démultiplier son champ de vision. Il résiste et choisit l'un ou l'autre. Annie Vigier, muée en chatte, se love et progresse en rampant sur son couloir ou tente de se libérer de dragonnes jusqu'à l'épuisement pour trouver son indépendance de mouvement. Franck Apertet garde la gestuelle qu'on lui connaît, cette façon particulière et sensuelle. Quant au comédien, c'est dans le texte que part sa source d'inspiration la plus intarissable. Il s'évertue à se faire entendre, reprend, change de registre. Ces trois-là ne seront jamais à l'unisson : tant mieux et pour cause. Le trio se trouve phagocyté par la lumière, bercé dans le son. Chacun y a trouvé sa forme, son indépendance, son mouvement d'autonome. Etoile du Nord/Paris.
Scène Magazine – Presse internationale – septembre 2003 - Suisse
La compagnie les gens d'Uterpan (France) présente Cave Canem avec Annie Vigier et Franck Apertet. Annoncé comme un voyage dans l'inconnu avec trois protagonistes à l'avant qui dans leurs travées respectives et leur solitude absolue font chacun leur show, avec à l'arrière un sondeur d'opinion parlant avec un casque à une spectatrice, dont la ligne est ouverte pour des confidences publiques, par intermittences, ce spectacle est métallique et coup de poing. Le malaise va grandissant car les danseurs sont excellents. Un des danseurs se déshabille, à la Chippendale, mais s'arrête juste avant. Le bruit du grésillement d'une ligne de tension augmente la violence de ce qui est démontré : peut-on encore aujourd'hui parler d'un ensemble, lorsque l'on danse ?
Où se situe le point de rencontre, celui de la rupture ?
Festival Nouvelles Danses Uzès 2003
La Terrasse - Octobre 2002 - Emerentienne Dubourg
Derrière ce titre, une porte s'entrouvre sur de mystérieux visages. Ce sont les Gens d'Uterpan, une compagnie de gens de scène pour lesquels le mouvement est en perpétuelle mutation.
Avec cette dernière création, on pénètre une nouvelle fois sur la si particulière planète de ces irréductibles. Et quelle chance ! Annie Vigier et Franck Apertet travaillent le mouvement en ornemanistes. Le geste est ciselé à même la matière «corps» et la scène sur laquelle il est enchâssé se déroule parmi le public. Ce dernier est une fois de plus, héritage de pièces antérieures, compris à l'intérieur du dispositif scénique. Cette proximité ne produit pas un huis clos, c'est au contraire d'une intimité partagée dont il faut parler puisque des « conversations » naissent de la situation. Le son, la lumière mais aussi le travail du comédien Rodolphe Dana, donneront le relief particulier qui sied aux pièces de ces « gens-là ». Un esthétisme déroutant dans une atmosphère étonnante à laquelle le registre du solo, métaphore de l'éternelle mobilité, ajoute une coloration atypique.
Etoile du Nord/Paris
Danser – décembre 2002 - Nathalie Yokel
Drôles de gens que ces gens-là...
Le solo et la sollicitation active du public sont les deux données que les Gens d'Uterpan ont souhaité mettre en valeur dans «Cave Canem».
La musique électronique et la lumière assurent leur partie tandis que Rodolphe Dana scande son texte de dos, au micro. Puisqu'il est donné au spectateur de faire son choix parmi ces confrontations, on ne se prive pas de se focaliser sur Annie Vigier, qui tire son épingle du jeu avec une danse sensuelle et inventive. Pour se joindre au public, la scénographie propose trois ponts qui traversent la fosse et arrivent directement dans la salle, limitant de fait les déplacements des danseurs. Par le biais d'un casque que les spectateurs se transmettent, un «confident» en fond de scène dialogue avec eux.
Etoile du Nord/Paris
Création 2002 - Berengère Alfort
" Une expérience onirique de la solitude "
D'entrée de jeu, Cave Canem ouvre un espace ou l'on se sent sous emprise : fasciné, donc dominé. Voire traqué. C'est que Les Gens d'Uterpan ont finement tendu les filets. I1 ne s'agit pas pour le spectateur de participer au sens d'un leurre couramment répandu qui tendrait à faire croire que déambuler dans un lieu ouvert abolirait la frontière entre le public et celui qu'il s'agit bien au fond d'appeler son maitre — pour qui veut rester honnête, s'entend — , 1'artiste.
Donc le spectateur est assis et ainsi pris dans un rapt, situation qui mène autant et en même temps à la jouissance qu'au réveil des sens. Accepter une telle position ne signifie pas en effet abdiquer devant la " chose " présentée, ni partant être passif. En demeurant, il accepte d'être intimement convoqué, et concrètement sondé ; ceci relève de 1'activité.
Ainsi mobilisé, le spectateur ressent la limite entre son étonnement, et la montée en puissance, savamment orchestrée, d'une sensualité brutale sans vulgarité, parce que ni narrative ni psychologique.
Il s'agit donc de plaisir ? ! Ici ne pas se tromper : non point d'un voyeurisme ordinaire ou 1'œil se repait de figures figées. Mais c'est vers un imaginaire débordant sur le rappel de notre passé — de notre petite enfance qui sait ? — que se déploie le regard posé sur cette figure certes imposée, le corps du danseur.
Quelque chose de 1'ordre du carnaval médiéval, allez de la transe qui s'empare du poète grec décrit par Platon dans Le Banquet, quelque chose qui nous échappe, quelque chose qui échappe sans doute aux interprètes dans leur élan, quelque chose qui se joue entre la vélocité musculeuse des interprètes, le son tonitruant d'un capteur d'ondes, la présence ambigüe du comédien, et de 1'autre côté, le moi seul assis. Une forme d'orgasme à distance, alors que tout élément virtuel est rejeté comme solution de facilité ? Oui peut-être, le nœud se joue entre un artiste monolithique dans en sa création et son geste de mise a l'épreuve, sinon en péril, et sa confrontation avec un spectateur qui d'une certaine manière a aussi tous les droits – sous 1'angle du bas de la salle – a commencer par celui de juger. Menace d'un movement inattendu, tension d'un dispositif de trois bandes au sol qui sont pourquoi pas des langues qui viennent chatouiller le spectateur dans son confort. Puis lâcher- prise. Abandon non de l'attention, mais de la crispation de l'être assis face à celui qui se tient la debout devant lui, ou toujours en train de faire. Va et vient entre angoisse de 1'attente qui questionne et soulagement quand vient le geste sûr, pour le spectateur. Va et vient entre toute puissance et prise de risque pour 1'interprète. Va et vient entre conflit et envahissement d'une sensation enfin commune, entre le spectateur et 1' artiste, sensation d'aller au bout de ses fantasmes, du moins l'expérience d'une fois, d'un spectacle, vécu dans les solitudes partagées finalement d'un "rapport de formes". I1 y a bombardement de sons, mitraillage d'informations impossibles a décrypter du moins sur le vif, panique de ces corps intrus qui ne franchissent pas pour autant la barrière pourtant en la léchant, regards happés de chairs hallucinées et transpirantes, dans la montée, la descente comme l'accroche au sol. Erotisme sans doute, d'ou panique puis acceptation peut-être. En tout cas, il y a 1'expérience unique d'être témoin pris a parti car ramène a la sienne propre, d'une solitude qui amène au rêve. Dans la liberté d'imaginer des histoires, des troubles, des joies possibles. Donc dans le respect. Règle inconditionnelle de la relation a 1'autre. Ainsi, la solitude, absolue dans la forme et friable dans le fond, n'ouvre-t-elle pas ici la voie a sa transcendance dans - des deux cotes de la limite entre artiste et public – le don de soi ?
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Traduction de l'article paru dans Rhein-Neckar-Zeitung - Juin 2000
Crois-en tes yeux !
Des contrastes stimulants au Festival « Tanz International » au FNAK
A cette époque soi-disant "optique", où les effets spéciaux numériques repoussent constamment la perception de la réalité, l'art scénique cherche de nouveaux repères. Comment capter l'attention d'un public soumis quotidiennement à une profusion d'images ? Les Gens d'Uterpan ont relevé ce défi, en ravissant les spectateurs, les emmenant dans une étrange taverne, située à mi-chemin entre l'Orient et un pays fantastique. « Chez Gué Gué Louft », ce titre promet l'absurde, et en effet les lois de la logique furent, durant une heure et quart, reléguées dans un lointain ailleurs. Tandis que le public — auquel on servit gracieusement des boissons s'installa à des tables en plein milieu de la scène, les sept créatures d'Uterpan transformèrent la taverne en un espace fantasmatique... sans sortie de secours.
Vitesse vertigineuse, lenteur lascive, des tirades au non-sens fascinant des costumes équivoques, jonglant avec les allusions historiques et culturelles, et une coulisse sonore passant du minimalisme musical au Heavy Metal rendirent ce jeu où toutes les pistes se brouillaient, parfait. Les spectateurs enchantés, eurent du mal a quitter la scène, demeurant un long moment devant leurs verres, parlant de ce spectacle intrigant.
Tanz International/Heidelberg
Danse Light - Février 2000 - Emerentienne Dubourg
L’œil du critique
On aurait pu croire à l'ivresse des larmes de biche ou du sang de lièvre comme à celle du lait caillé de licorne. Dans tout concept de Night Clubbing aseptisé, cela aurait fait "désordre" mais chez les Gens d'Uterpan (Annie Vigier, Franck Apertet et Cie), la première préoccupation est de servir quelque élixir précieux aux hôtes réunis chez Gué Gué Louft. Nous sommes en pleine campagne, loin d'être "chez Laurette" ; on aurait même tout intérêt à se prémunir des brigandages évidents d'une banlieue perdue. Entre la taverne, le bouge néolithique, le théâtre renversé et la porte secrète d'un cabinet florentin, le public quitte la salle pour s'engouffrer entre les pendants noirs du plateau. Juste le temps de s'immiscer dans un cabaret scénique. Espace recomposé, architecturé comme une boîte noire à la fois douillette et machiavélique, arrosée des ombres de Tristan Tzara.
Le petit personnel, à son avantage dans pareille ambiance, sort d'un comptoir de fortune ses douceurs liquides alors que les éléments du décor se révèlent à nous. Des ombres tapies s'agitent, soudainement Ces fantômes de cire mus par on ne sait quelle force prennent le mouvement à bras le corps. Très vite une "dansité" s'exprime. Ils caressent le public, l'enchantent ou le disputent sans dépasser les bornes de la décence. Les tables deviennent l'enjeu de leurs trajectoires multiples vers des aires de mouvement retrouvées. Leurs traversées sont un épique jeu.
Fusion entre boniments de foire et héros de divertissements moyenâgeux, les Gens d'Uterpan se frayent entre les tables en des danses violentes, lascives, oscillant entre le branle noble et la parade d'animaux grotesques. En hauteur, un page à toison hirsute tourne incessamment, ici, d'une baignoire-perchoir, un faucon-sphinge déploie ses membres gracieux.
A leur figure humaine, ces saltimbanques ont épinglé une animalité robotique qui loin de d'être greffée au futur, aurait tendance à s'inspirer du passé. Un mariage insensé qui trouve aujourd'hui résonance dans l'univers des Pierre et Gilles, Stéphan Lubrissa ou du concept décoratif de Ravage. On citera donc les auteurs de l'atmosphère, Frédéric Merat et Laurent Lamoureux, magiciens de lumière, d'images et de textures.
Le public se trouve plongé dans cet univers de voix et de gestes où chaque moment provoque l'ahurissement du regard, l'attache et l'étonnement.
L'ambivalence des sens règne en majesté sourde mais efficiente. Les personnages s'y réfugient ou s'en libèrent au rythme d'une transe bien tempérée dans laquelle le merveilleux prend le pas sur l'ostentatoire.
Les Gens d'Uterpan maintiennent un équilibre risqué où la magie peut se rompre à tous moments. Leur "installation tavernique, iconographique, chorégraphique et musicale" propose un défi de convivialité où le conte rejoint le concret, où le "rave" conquiert l'opéra. Le spectateur englobé dans cette fusion ressent une émotion qui le fait émerger de ses retranchements. Concept expérimental mais directement en prise dans le partage consommé entre public et danseurs, ces forains d'Uterpan poursuivent une judicieuse métamorphose. L'espace de la représentation vient au public, il ne s'agit pas d'un secours, les détracteurs auraient tôt fait d'y voir une assistance passive. Il s'agit d'une libération du quotidien dans un imaginaire actif. Bien sûr la danse peut être "représentation", à l'intérieur même de ce spectacle mais elle peut descendre de son piédestal pour marcher simplement à côté de ses artifices, faille qui fait souvent office de séparation scène-public. "Chez Gué Gué Louft" c'est un peu le "parloir" de la scène, milieu de rencontres entre des êtres habituellement séparés.
Espace Germinal/Fosses
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Les Saisons de la Danse – Janvier 1998 - Philippe Verrièle
Type de femme
Cette jeune compagnie montre, avec ce petit quatuor féminin, une maturité nouvelle. À partir d'un éclairage élaboré, Fénix Bocal joue de l'opposition entre le dehors et le dedans, laissant le sentiment que ce que nous voyons n'est que l'envers d'un spectacle qui se déroule, devant nous mais derrière des pendrillons qui ne nous en laissent rien voir sinon des éclairs lumineux. Cette idée simple mais bien dominée, ordonne la chorégraphie, laquelle respecte des typologies gestuelles, posées dès l'abord et traduites dans les costumes, à la manière des emplois du théâtre classique. Il y a la hiératique, la gisante, les deux énervées, et cette opposition un peu à l'emporte-pièce conjuguée à ce spectacle invisible, de l'autre côté, donne sa tension à la pièce. Exacerbées, les rivalités suscitent un climat de provocations larvées et violentes... L'occurrence un peu attendue des gestuelles de la mode, où de celles de la rave ne dissimule heureusement pas une véritable écriture, sensible dans les solos, en particulier une superbe diagonale où chacune des protagonistes, engagée dans sa rêverie dansée, développe sa propre mise en spectacle.
Théâtre Contemporain de la Danse/Paris
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Les Saisons de la Danse – mai 1998 - Philippe Verrièle
Les gens d'Uterpan
Apertet de vue
Deux jeunes créateurs à l'univers très riche à découvrir.
On peut plaire avec l'âge de ses artères, et celles d'Annie Vigier et de Franck Apertet pourraient emprunter à Baudelaire. Elles semblent charrier plus de souvenirs que s'ils avaient mille ans. Non pas à dire que ces deux jeunes chorégraphes au style puissant et sensuel sont des tenants d'une tradition chorégraphique très ancienne, mais leur inspiration paraît plonger dans un univers très ancien, d'avant les âges, comme l'écrivaient les auteurs d'heroic fantasy de la grande époque. Jeunes gens par ailleurs dotés d'un solide ancrage au sol, d'une danse très incarnée, aux portés particulièrement physiques, ces deux-là en appellent à un univers comme fuligineux et inquiétant, épais et trouble. Tout ceci d'autant plus surprenant qu'il n'y a pas d'abus de références et que si le Gué périlleux est encore marqué par une scénographie assez chargée, on n'y trouvera cependant pas d'allusions lourdes au Moyen-Age ou à une autre époque très éloignée pas plus que l'on ne pourra se rassurer ou s'agacer (selon les cas) d'un support narratif quelconque. Cette danse, toute d'évocation, assez fugace, n'a plus de ces naïvetés qui conduisent à désigner trop clairement ce qu'elle invoque. Les Gens d'Uterpan sont ainsi des voyageurs du rêve, accrochant leur danse d'aujourd'hui dans un monde d'ailleurs. Brassens se qualifiait de « foutrement moyenâgeux », exprimant ainsi non une nostalgie mais un détachement du monde présent. C'est à ce décalage que nous conduit ce couple de danseurs, si présents, si tangibles et qui pourtant danse comme d'ailleurs.
Presqu’îles et Iles de Danses 1998
Les Saisons de la Danse - Novembre 1996 - Emerentienne Dubourg
Eclats de voyage
Il n’y aura pas de jaloux, un seul m'a conquis pour sa vérité et la présence scénique de ses danseurs, Franck Apertet, pour la compagnie Les gens d'Uterpan, s'avance dans une démarche papale où le hiératisme est comme une majuscule à la portée de ce conte baroque intitulé Margolafé. L'ampleur du mot baroque les a touchés à la dimension d'une tête d'épingle. Ainsi pas de surenchère, pas de surcharge, seulement une pirouette ludique qui nous invite à la facétie d'un moment. Les personnages y cachent l'ambiguïté de leur genre, de leur relation, le contraire de ce qu'ils dansent est là, caché dans l'ombre de l'étrange, dans la forme divisée occultée par la masse.
Etoile du Nord-Paris
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© Nicolas Boucard
















